LULU, Opéra d'Alban Berg -- Acte 2, Scène 1 : Analyse



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  Chap.  

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SEQ.


ss/séq.

  Mes. Séquence  

 
 

 

 
 

13     A  

Appartement (luxueux) de Schön. Au fond et en haut de la salle: une galerie dissimulée par un rideau, d'où descend, à gauche, un escalier monumental.

Portes au centre et à gauche.

Portrait de Lulu sur un chevalet.

Lulu, Comtesse Geschwitz, Dr Schön.

 

La Comtesse Geschwitz, visiblement homosexuelle,a envoyé des fleurs à Lulu (maintenant épouse de Schön). Elle l'invite à un bal de femmes artistes où elle lui demande de s'habiller en homme.

Elle admire le portrait de Lulu, par le Peintre aujourd'hui disparu.

Puis les deux femmes sortent. Schön reste seul.

RECITATIF  
       

Précision du compositeur: le rideau ne s'ouvre sur la 1ère scène que sur le 3ème temps de la deuxième mesure. Voulant souligner ainsi que la scène ne commence que là; les quatre accords faisant partie de l'Acte précédent.

      1-39

Première apparition de la Comtesse Geschwitz, amoureuse de Lulu, dont nous savons qu'elle est signée musicalement par un dispositif ♫ basé sur la quinte (inverse de la quarte) mais aussi par une série dont la construction est un peu tirée par les cheveux ♫!

La séquence s'ouvre sur l'exacte duplication de la dernière mesure de l'Acte 1; comme si Berg souhaitait qu'il n'y ait pas solution de continuité entre les deux actes. On peut observer la même disposition dans Wozzeck dont nous savons que le compositeur aurait aimé qu'il n'y ait aucune interruption entre les actes.

Trois tempi directeurs (qui gèrent les différents récitatifs) vont s'accélérant, comme l'irritation de Schön. < 1, 12, 29 >.

      3-6

Geschwitz chante sur sa série par Mvt. Cont. tandis que les Clar. déroulent une suite de quintes, celles-là même de son "dispositif".

      9-20

Alors que les Htb. font entendre les quintes,de nouveau, Geschwitz chante sur sa série toujours par Mvt. Cont.. Le Quatuor lui répond sur des quintes ascendantes mais ici superposées à  des quintes diminuées, occasionnant une suite d'accords de 7ème de domnante.

Irruption quasi-tonale, presque "naïve" précédent l'entrée vocale de Lulu sur sa série par mvt cont, dont les derniers sons < 16 > seront de Geschwitz.

Sur ces derniers: un mini-canon < 16-17 >, formule toujours liée à la séduction.

      20-21

Lulu ♫, par mvt. droit, légèrement varié

      22-28

La Comtesse contemple le Tableau de Lulu. Ils sont musicalement unis par le Quatuor (pentatonisme) et les arrpeggios du piano (accords descendants du Tableau)

On parle du Peintre, l'auteur du tableau... <24-25>

      28-30

... et, miracle de la mémoire involontaire (Proust) on retrouve, au Vcl solo, les mesures 134-135 du 1er Acte, lorsque le Peintre se met (très provisoirement!) au travail  .

      32-39

Flutes et Hautb. proposent un "arrangement" des accords du Tableau comparable à celui de la mesure 22 (mémoire immédiate).

Le piano < 32 > donne le signal (légèrement enrichi) du départ de la Comtesse. Il est réitéré mesure 34.

Les quartes (et non plus les quintes de Geschwitz) se bousculent dans un accelerando pour accompagner ce qui est plutôt une fuite!

GESCHWITZ: Je dois partir, chère Madame

      B  

Schön, alors, se lamente sur ce que devient sa vie.

Il se sent épié, traqué, humilié par la "bande à Lulu"

Il se demande s'il ne devient pas fou.

LENTO  
  02:17   40-60

Trois périodes marquées par trois tempis.

Une première, de réflexion : " le soir de ma vie". <40 - 45> noire = 52.

Une deuxième, de comportement physique (regarde autour de lui, manipule son révolver)

< 45 - 53>, noire = 66.

Une troisième < 54 - 60 >, d'auto-réflexion au tempo de la première, noire = 52.

Mais, en fait, il s'agit d'une même musique qui tourne en rond (début de la folie de Schön)

autour d'un motif ♫ de sept notes continuellement répété, sous des configurations, des rythmes, des instrumentations variées.( les sept derniers sons de la série de Schön ♫ par Mvt. Cont.)

Ce motif sera repris dans l'Introduction à l'Aria en cinq strophes < 380 et suiv. >.

      46-53

Aux 1.Vln et Harpe le rythme du destin ♫ qui, avec l'ajout du piano , organisera l'accord de la mort ♫ < 48-53>.

SCHÖN: On ne se sent vraiment pas en sûreté ici

      55-60

Le Trb. épèle le début du thème ♫ de Schön auquel répond <60> à la flûte celui de Lulu ♫, qui revient.

Les derniers mots de Schön (sprechstimme) sur le motif de l'Eros descendant.

SCHÖN: La folie s'est emparée de ma raison

SCHÖN: la peste...la peste

      C  

Lulu réapparaît; elle sollicite Schön (pourtant effondré); on sent qu'elle le désire.

Il s'ensuit une controverse sur qui à épouser l'autre

Il la pousse alors doucement vers la chambre à coucher (!).

(Ce moment est à rapprocher de l'imploration de Lulu auprès de Jack dans la dernière scène de l'opéra) "Ne me laissez pas mendier plus longtemps"

Sur la scène vide survient Geschwitz qui se cache derrière un paravent...

CAVATINE  
  03:44   61-93

Cette séquence est à rapprocher du Duettino  de la 2ème scène du 1er Acte.

Désir de Lulu frustré une première fois par le Peintre s'esquivant sur un coup de sonnette; et cette fois, par Schön qui doit se rendre à la Bourse.

Alors que le Peintre, fraichement marié, dans le Duettino chantait son bonheur "Tu es à moi", ici     < 73 - 88 > petite controverse entre Lulu et Schön, à savoir qui a épousé l'autre et, contrairement au Duettino, se terminera dans la chambre à coucher!

      61-72

Un rythme obstiné ♫ soutient tout ce fragment: les quatre derniers sons de la série de Lulu.

Serait-ce son désir de Schön qui la tourmente ainsi?

      61-64

C'est Lulu qui attaque sur la série de Schön ornementée. On verra que la réponse à  cette question sera donnée à  la fin de la séquence.

On parle de la comtesse (Récit), sur une courte incise pentatonique.

Lulu: Pourrais-tu te libérer cet après-midi?

      65-72

Lulu insiste <65> sur le même mouvement mélodique qu'en < 61 > mais un ton au-dessus.

Et encore, cette fois <68>, une tierce mineure en-dessous, mais avec une certaine hésitation musicale "Depuis des semaines, je n'ai rien de toi".

Shön lui répond <71>, avec la même hésitation musicale sur le thème de Lulu par mvt contraire.

Schön: Ta gaieté devrait éclairer mes vieux jours

      73-88

Changement de tempo; animato, noire = 78.

Et, comme il est dit plus haut, cette merveilleuse idée de reprendre le matériau musical du Duettino  .

La mise en regard de l'admiration passionnée du Peintre avec la double revendication conjugale!

      73-78

 = I < 416 - 422 > .Bien évidemment, comme toujours chez Berg, il ne s'agit pas d'une simple copie, mais d'une véritable relecture du matériau (Chgt de durées, transposition des hauteurs, nouveaux rapports Vocal-Instrumental) à la quelle viendront s'ajouter d'autres éléments, absents de l'original .

Rappelons que ce motif ♫ se trouve toujours lié, sous différentes formes, à la conjugalité!

Comme pour simplifier la reconnaisance, le rythme obstiné s'arrête.

La trompette < 74 -75 > précède la réplique de Schön par son thème, le piano  < 75 > par le 2d Thème de la Sonate, le Vibraphone par celui de l'Eros.

Trois figures qui répondent à la déclaration de Lulu < 72 - 74 >: " Tu ne m'a pas épousée ".

SCHÖN: Qui ai-je donc épousé?

      77-80

Intrication des mémoires confirmée par le Cor < 77 - 78 > (Eros montant et descendan) et le piano (2ème Th. de la Sonate) soutenant la suite de la profération de Lulu .

Lulu: C'est moi qui t'ai épousé

      80-87

Le rythme obstiné reprend à  la Harpe, puis amputé de son premier terme. Mais surtout < 81 > le Trombone retrouve le Thème d'Amour ♫, repris aussitôt par les Hautbois et Lulu

Mais il convient de noter que le 1er terme du thème est donné par le dernier son de Schön (Si bémol <81>. C'est Schön qui "lance" Lulu dont on entend encore le Thème par mvt cont. aux flûtes.

Plusieurs interventions de l'Eros ascendant et descendant: Ils sortent alors vers la chambre à coucher.Signal ♫ par le Vibraphone annonçant l'arrivée de la "bande"

 

Lulu: Ton amour pour moi.

      88-93

C'est la Comtesse Geschwitz qui apparait et se cache à nouveau. Les Clarinettes l'accompagnent d'une sorte de pentatonisme, soutenu ici par une quarte(!) celle du Sgnal.

La scène est de nouveau vide.

14     D  

... suivie immédiatement par la "bande à Lulu":

Schigolch (toujours asthmatique), l'Athlète (appelé aussi Rodrigo et double du Dompteur du Prologue) et le Lycéen (souffre-douleur de l'Athlète et amoureux de Lulu pour qui il a écrit un poème).

La bande profite de l'absence de Schön - c'est le jour où, habituellement, il va à la Bourse - pour s'installer chez lui et boire ses spiritueux.

LANGSAME  
  00:33   94-144

A l'inverse de ce qui se passait en <73-78>, ici c'est le début <94-120> qui sera convoqué dans la 2ème scène de l'Acte <788-814>.

Trio Schigolch - Athlète - Lycéen à partir de leurs thèmes ou motifs respectifs.

Trois allures différentes. Schigolch poursuit la sienne sur ses groupes de quatre, l'Athlète bourru sur ses noires pesantes; seul le Lycéen utilise des formules rythmiques véhémentes, lyriques et rapides (élans).

On a l'impression de trois discours séparés qui se confisquent tout à tout leurs motifs?

      94-102

Schigolch entre sur son thème <94-96>. Il glisse sur le parquet. De la cristallisation progressive du segment "chromatisme retourné" (au Quatuor) va surgir l'accord "touches noires" de l'Athlète <98> immédiatement suivi par son conplément "touches blanches". C'est la première fois que nous voyons le double du Dompteur (de Prologue) clairement identifié par ses klusters ♫; ensuite par sa série ♫ sur do <100-103>.

Eprouverait-il quelqu'attirance pour le Lycéen qu'il porte dans ses bras? (Eros par Bass-Tuba suivi du Trombone <101-102>)

A remarquer également une expression nouvelle de la Série originale sur fa. (<99-100> par Trb. et Piano)

      100-114

L'Athlète  chante de nouveau sur sa série sur do, dont le dernier son la fait repartir sur do#...

...Interrompu par le Lycéen ♫ <104> (doublé par les Hautbois), dont nous entendons la série pour la première fois depuis le Prologue.

< 105-106>Les chromatismes de Schigolch et les klusters de l'Athlète.

Athlète qui poursuit ses moqueries envers le Lycéen qui "compris ses chagrins d'amour ne pèse que quarane kilos". Son thème légèrement varié aux Trp. puis aux Bois par Mvt. dr. et contr.

Serait-ce pour cela (humour bergien) que les klusters au piano sont défectifs? <110-112>

Il dépose enfin le garçon sur le sol  en chantant une nouvelle fois sur son thème tandis que Timbales, Tuba et Clar.-Basse insinuent p l'Eros ascendant.

Il est vrai que l'on va parler maintenant de l'amour sans espoir que le Lycéen porte à Lulu.

Souvenons-nous que le Thème du Lycéen est une suite d"élans".

L'ATHLETE: Il est encore trop petit pour le vaste monde,

      115-117

Finissant de descendre l'escalier, Schigolch, toujours hoquetant sur ses chromatismes obstinés, termine sa phrase sur le Th. de Lulu par mvt. cont.

SCHIGOLCH: Il y en a ici plus d'un qui a fait ses premières armes

      118-123

Le Lycéen se demande ce qu'il va dire à  Lulu tandis qu'on entend des "élans" un peu partout dans l'orchestre. L'athlète lui répond sur le Th. de Lulu par mvt. cont. accompagné par ses klusters au piano puis "dépliés" (touches blanches, touches noires) aux cordes et piano. Le flash-forward de la 2ème scène s'arrête là , ponctué par des faux klusters (au piano <122-123>).

Les quatre cors "harmonisent" les quatre premiers sons du Th. du Lycéen <121-124>

L'Athlète: Pour cela, elle le sait mieux que personne

deuxième phrase

      124-131

Sur la reprise des chromatismes de Schigolch, le Lycéen se décide enfin. Un peu partout: des "élans" plus ou moins variés. Toute cette partie constitue vraiment une grande variation des éléments (élans) du thème du Lycén et des chromatismes redondants de Schigolch qui affirme avec obstination habiter ici.

Le Lycéen: Hier, j'ai fait un poème.

      132-144

A quoi l'Athlète lui répond sur les six premiers sons de la série de Schön <133-134>.

Le Lycéen lui, toujours dans sa bulle, hésite à lire son poème. Il continue à être l'objet des sarcasmes de ses compagnons (on pense à Wozzeck!) pendant que Schigolch délire et ratiocine sur les yeux de Lulu.

On finit par trinquer sur les vrais klusters <143>.

L'ATHLETE: Seulement les jours de Bourse.

      E  

Heureuse de retrouver sa petite bande, Lulu - très élégante et fleurie d'orchidées (Orchus, les portes de l'enfer!) - sort de la chambre à coucher, aguiche au passage le Lycéen et disparaît à nouveau.

Tous pensent qu'elle attend le Prince.

L'istesso Tempo  
  02:41   145-172
      145-155

Courte apparition de Lulu. Sont repris : son Thème <153-156> (Lulu et Von solo), la Série originale <145-150> (Lulu) et, furtivement, le motif de Mort <148-149> (Pno!).

Et puis surtout, une version très élargie <145-153> du motif "Apparition ♫ de Lulu" entendu dans le Prologue  .

Ce motif sera utilisé à chaque entrée un peu majestueuse de Lulu; ce qui est le cas ici.

Lulu: Nous attendons une visite

      156-162

Au Sax. les trois éléments du Th. du Lycéen mais pas dans l'ordre original. Sans doute est-ce l'émotion devant Lulu qui lui fait respirer l'orchidée de son corsage, sur la Série Génératrice <159-162>.

Lulu: Sentez ça.

      163-172

De nouveau, le motif de l'"Apparition" mais plus ramassé. Et, de nouveau aussi le motif de Mort <163-166> (Pno). Calembour ?

<166-168> Schigolch et l'Athlète chantent chacun une demi Série Génératrice superposée à elle-même.

Dispositif, rappelons-le, qui caractérisait le Peintre .

Lulu chante le début de son thème par mvt cont, terminé par le Lycéen; l'enchevêtrement des quatre voix nous préparant au quatuor vocal qui va suivre.

 

Lulu: Jamais de la vie!

Alors toujours quelqu'un d'autre?

      F  

Un Prince qui voulait l'épouser, comme tous ceux qui sont là (!).

Mais Schigolch n'est-il pas son père? Il reste évasif.

Alors, elle n'aurait pas de père...

Lulu, redescendant la galerie dit que, bien sûr, "elle est une enfant du miracle" (!) 

CANON  
  03:12   173-194

Voici réapparaître cette forme qui avait organisé (1er Acte Scène 1) la poursuite amoureuse de Lulu par le Peintre.

Elle est ici la figure d'un débat assez confus et surtout répétitif (d'où le choix du canon) où il s'agit de tous ceux qui auraient voulu épouser Lulu et qui serait son père.

      173-184

Le fonctionnement est assez clair pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en détailler chaque élément. Le thème du canon utilisera exclusivement la Série ♫ Génératrice.

      184-194

Mais quand Lulu se montre à nouveau, peu à peu <183>, la Série Génératrice est remplacée par le Thème de Lulu ♫.

Puis par mvt contr <190-193>.

Elle achève sa rentrée en passant devant le Tableau ♫, que soulignent Clarinettes et Hatbois <194>.

 <192>: on ne peut s'empêcher de se souvenir de la fin du Canon-poursuite (Acte 1 sc.1) lorsque Lulu vaincue tombait dans les bras du Peintre  .

 

L'ATHLETE (à Schigolch): Alors elle n'est pas votre fille?

Lulu: Oui, certes, je suis une enfant du miracle.

      G  

Schigolch s'inquiète de savoir si elle a bien fermé la porte à clé.

Pourtant, rien à craindre puisque Schön est à la Bourse. On va pouvoir s'amuser.

Rodrigo (l'Athlète) se vante de sa force et de sa musculature.

RECIT  
  04:00   195-223

C'est bien une écriture de récitatif; un simple appui musical à  beaucoup de texte et de jeux de scène, et où les occurences thématiques sont moins nombreuses.

      195-200

On entend toutefois au piano <195-196> la Mort arpégée puis, plus loin <203-204> doublée par le quatuor et sur le Rythme du Destin. Schön n'est pas loin; c'est sur série (incomplète) par Mvt. Contr. et terminée par Lulu , que Schigolch demande si on a bien fermé la porte. Puis par Mvt. droit <197> et Cont . <199>.

 

Schigolch (à Lulu): Tu as fermé en haut?

Lulu: Voici la clé.

Schigolch : Tu aurais du laisser la clé dans la serrure.

Schigolch : Pour qu'on ne puisse pas ouvrir du dehors

      201-204

Et voilà  que les touches blanches (Klusters de l'Athlète ) deviennent accord de mort <201-203>.

L'Athlète:N'est-il pas à la Bourse?

      209-217

Toute cette partie est à rapprocher de la partie centrale du Prologue  ; celle où le Dompteur décrit le personnage de Lulu et de ses vices. Ici, l'Athlète (éponyme du Dompteur) vante sa force et la qualité de ses biceps...

      218-223

Mais le signe le plus intéressant est le rappel ♫ de "Animalité de Lulu" lorsque, dans les bras de l'Athlète, elle apprécie sa musculature .

Nous n'avions pas entendu ce motif depuis le prologue et ce que disait alors le Dompteur se vérifie bien ici par l'attirance physique et subite de Lulu.

Le signal au vibraphone nous prévient d'une arrivée...

Lulu: Si seulement vous n'aviez pas les oreilles si longues

      H  

Entre alors le Valet de Chambre annonçant Docteur (!) Schön.

A cette annonce, toute la petite bande se cache en divers endroits.

Schigolch va pour sortir par l'escalier.

Lulu  dit au Valet de Chambre de faire entrer.

(Scène parlée).

Surprise! Ce n'est qu'Alwa, qui remarque Schigolch en haut de l'escalier.

Toujours menteuse, Lulu lui dit que c'est un vieil ami de son père.

TUMULTUOSO  
      225-242

... celle du Valet de Chambre... annonçant celle de "Dr Schön"!

Blanle-bas de combat; la petite bande essaye de se cacher et ceci dans la plus grande confusion.

Tout se passe sur la scène et avec grand bruit; presque rien dans la fosse d'orchestre où le texte musical est réduit, de ce fait, à minima.

Ne surnagent que quelques "restes" thématiques:

Début ♫ du Th. de l'Athlète puis ses Klusters <225-226>.

Lulu <228-230>  à la flute.

<231> aux Altos: le début de la série d'Alwa, mais aussi quelque chose qui nous rappelle le Prince  (éponyme du Valet de Chambre) (Acte 1 Scène 3 Mes.1123).

Schigolch et le motif de mort, un peu partout, mais toujours synchronisés avec des jeux de scène très précisément indiqués par le Compositeur.

Puis le chant s'arrête <233>. Le peu de musique qui restait s'effiloche jusqu'au silence.

Le Valet de Chambre introduit Alwa (et non pas Schön comme on aurait pu le croire); échange parlé; point d'orgue avant la réplique de Lulu, toujours inconsciente de la situation.

Lulu: Comment me trouves-tu?

15     I  

(Scène parlée). Ce qui permettra d'identifier plus clairement le Thème du Rondo, à l'orchestre.

Alwa, de plus en plus attiré par Lulu, toujpurs aguichante et narcissique.

RONDO  
  00:28    

Métaphore de la montée en puisance du sentiment d'Alwa pour Lulu, c'est la forme Rondo que Berg choisit ici pour souligner l'insistance de l'amoureux. ("c'est toujours le même refrain" dit-on souvent). Le thème de ce refrain est, bien sûr, celui d'Alwa. Divers incises constitueront les couplets. Et comme pour la Sonate, le Rondo interrompu ne reprendra que dans la scène suivante (il fallait que Schön soit mort) pour s'achever par un Hymne (dernier refrain), sommet délirant de la passion d'Alwa.

      243-249

Tandis qu'Alwa et Lulu poursuivent (parlé) leur dialogue, les 1ers Violons font entendre le Thème du refrain, issu de la série ♫ d'Alwa. Il est soutenu par des 7èmes mineures (Vcl et CB) devenant 7èmes de Dominantes.C'est, ici, la suite du discours amoureux d'Alwa, commençé dans la loge de Lulu. (Acte 1,Scène 3 <1027 et suiv.)

Tandis que Lulu aperçoit son image <248-249>, trois trombones déclinent une forme descendante du Tableau .

Préparé par le Sax <245-249>,le Cor <249> insiste sur un nouveau motif ♫ (en chromatisme retourné) et que l'on peut voir comme une légère variation de la suite des quatre sons centraux de la Série Génératrice.

Centre de la Série, centre de tout l'opéra: le désir de l'Homme. Nous nommerons désormais ce motif par "Désir"

Lulu: Quand je me suis vue dans la glace, j'aurais voulu être un homme...mon homme!

      J  

Entre le Valet de Chambre.

Alwa trouve son comportement bizarre.

Il sort et laisse Alwa et Lulu seuls.

CHORAL  
  00:56   250-261

L'entrée du Valet de Chambre (= Prince = Marquis !) porteur d'un plateau se fait sur le Choral  du 1er Acte.

Si ce n'est que pour restreindre la distribution, on peut se demander quelle relation Berg voulait établir entre le Valet de Chambre et ses deux éponymes; mais la musique est là qui nous l'indique.

Avec, de plus, leur série ♫ commune  (à l'Alto solo <250-251> puis qui se distribue entre les trois voix <253-256> pour s'achever par le Valet de Chambre dont la série se fait entendre une dernière fois par l'Alto solo <257>.

Dans le même temps (il doit penser à Schön) la série de Schön au Htb. <257>  (et au Tableau qu'il regarde plusieurs fois avant de sortir lentement).

Le Valet de Chambre: Malgré tout on est un homme...

      K  

Dialogue quasi-amoureux. L'attirance d'Alwa pour Lulu se précise;

mais Lulu ne le voit (pour l'instant!) que comme un frère, un protecteur.

Schön apparaît mais à-moitié caché.

Il n'est pas vu par les deux protagonistes qui poursuivent leur dialogue.

Si Lulu voit Alwa comme son frère, il semble que lui ne voit pas du tout cette relation sous cet angle!

RONDO  
  01:34   262-286

Comme si l'évènement précédent n'avait pas existé, la conversation continue... et le désir s'affirme.

      262-265

Cette continuité est attestée par la reprise au cor du motif (que nous appellons maintenant Désir ♫ ), qu'il nous avait déjà  fait entendre Mes.249 et qui va organiser ce fragment.

      266-268

Lorsque Lulu chante sur la série de Schôn, elle est doublée par le Htb. mais dans un rythme différent. Il s'agit bien d'un "brouillage "!

Lulu: ...même quand tu pourrais craindre de te brouiller avec ton père

      268-273

Début d'un nouveau canon sur la série (très variée) d'Alwa entre Cor et voix à  intervalle de quarte et rappel du motif Désir par les violons puis par la Trp. <272-273>.

      273-274

Schön sort de sa cachette et observe son fils; ce que les Tromb. soulignent par la succession de deux accords: quarte et sixte majeure puis mineure (dont nous savons qu'ils sont les trois premiers sons des deux séries). Aux 1.Vons col legno et appuyé: la série de Schön ↗.

SCHÖN: Mon propre fils!

      275-276

Après cette incise: poursuite du dialogue amoureux. Alwa chante (parlando) la Série Généatrice sur sol tandis que les flûtes éoncent une version élargie de son thème (Refrain).

Alwa ( à Lulu): Avec les dons que tu as reçu du ciel

      277-280

Une version contractée des quatre premiers sons de la série d'Alwa aux 1.Vons, partie supérieure d'accords repris en écho au Piano <278>. Le dispositif se poursuit mais l'écho du piano se coagule en accords arpégés.Le cor conclut en citant le motif Désir dont on pourrait dire qu'il évoque la frustration d'Alwa

Lulu:...de toi je n'ai rien à craindre.

      281-286

A la Trp. le Th. d'Alwa, mais presqu'hésitant à  se déclarer comme, du reste, le chant d'Alwa .

Le Quatuor ressasse le motif Désir et l'ensemble évoque la musique de A1,Sc3 lorsqu'il évoque la mort de sa mère  <1034-1037>

La séquence s'achève sur un obstinato à quatre voix <285-286> qui n'est pas sans prévoir l'Hymne à Lulu à la fin de la 2ème scène.

Alwa: Pourtant il y a des moments où l'on croit que tout va s'écrouler.

      L  

Le Valet de Chambre entre à nouveau. Il est visiblement très agité.

Schön réapparaît et observe ce qui se passe sur la scène.

Le Valet de Chambre sort lentement..

CHORAL  
  03:18   287-297

Le valet de chambre (très ému) entre à  nouveau et avec lui un retour à  la musique  de A1,Sc3 <1113 et suiv.>. Schön l'aperçoit et, dans sa stupéfaction, en oublie les 5 premiers sons de sa série (!) <294>.

      287-293

L'Alto solo nous offre une variation de la série d'Alwa ↗ rythmiquement basée sur la progression des groupes de notes, comme  dans le choral repris  et varié aux Bois et Quatuor:1, 1-2, 1-2-3, 1-2-3-4, 1-2-3-4-5, 1-2-3-4-5-6. Sur ce sixième groupe (marqué Höhepunkt) Schön sort de sa cachette et voit la scène . A ce point (miroir) les groupes s'amenuiseront (6, 1-2-3-4-5, 1-2-3-4 etc... jusqu'à  la fin de la séquence.

SCHÖN: (voyant le valet de chambe) Lui aussi

      291-297

 A noter: en miroir aussi le crescendo qui débute Mes.288, aboutit à son point culminant Mes. 292 pour diminuer  jusqu'à la mesure 298.Le Valet de Chambre est de plus en plus troublé

La 4te et Sixte mineure aux Trb. (celle d'Alwa) Mes.291,  qui devient majeure (celle de son père) <294> au moment où Schön aperçoit le Valet de Chambre.

Il se cache à nouveau sur le même dispositif que <294>.

SCHÖN: Lui aussi!

      M  

Le dialogue se poursuit entre Lulu et Alwa qui lui embrasse la main.

REFRAIN  
  03:52   298-309

Le discours amoureux reprend comme si de rien n'était, essentiellement sur le thème d'Alwa (thème du rondo).

      298-302

Il reprend en effet en citant précisément les Mes. <281-284 >. Mais cette fois c'est Lulu qui chante ce que chantait Alwa et le saxo ce que jouait la trompette. <298-305> = <281-286>.

Le motif Désir toujours au Quatuor.

LULU: Que voulais-tu dire tout à l(heure?

ALWA: Il y a des moments où l'on croit que tout va s'écrouler...

      302-309

Lulu revient au thème d'Alwa mais un demi-ton au-dessous sur les obstinato déjà entendus <285-286>.

C'est lorsqu'Alwa prend la main de Lulu que sa série se trouve écartelée entre 1.Von et Vcl. puis entre Alto solo et Vcl <308-309 >.

Et alors, divine surprise, nous nous apercevons  que c'est de cette distribution sérielle qu'est né (au Vcl.) le motif  Désir. ♫ Eclaircissement a posteriori, de la nature de ce motif (!)

LULU: Je t'ai fait de la peine...

LULU: Que fais-tu?

      N  

Alors que Rodrigo passe la tête hors de sa cachette, il est vu par Schön.

Subito Tumultuoso  
  04:47   310-317

Dernière incise avant le dernier refrain qui suivra. Une furtive apparition de l'Athlète, précisée par ses klusters au Piano tandis que les trombones (sixte et quarte mineure puis majeure nous indiquent que Schön l'aperçoit, ce qui déclanche sa colère par une forme très écartelée de sa série aux Clarinettes.

Observer les similitudes musicales des trois incises <274>, <294> et <313> correspondant aux trois découvertes de Schön.

SCHÖN: Encore un!

      O  

Sans lui lâcher la main, Alwa, plus pressant, admire cette main, ce bras, ce corps...

Dans le dernier Refrain (Scène 2 Hymne) il fera beaucoup plus qu'admirer!

"Qui voyez-vous" dit-elle trois fois. (On pense à ces réponses au Peintre Acte 1 Scène 1)

Et puis c'est le questionnement: "M'aimez-vous?". Elle ne sait pas.

Ce qu'elle sait, par contre, c'est qu'elle a empoisonné sa mère! 

REFRAIN  
  05:00   318- 337

Dernier Refrain du Rondo qui, après une longue interruption, reprendra pour s'achever à  la fin de l'Acte. Comme pour la Sonate au 1er Acte, différents évènements devront s'accomplir pour qu'il trouve sa conclusion logique, son amour fou pour Lulu. (Hymne)

      318-324

Il semble que Lulu et Alwa restent insensibles aux quelques perturbations que nous venons de voir. Ils reprennent donc leur dialogue. Il débute (comme en <306-307> et au même tempo) par la série éclatée d'Alwa au Quatuor. lorsqu'Alwa, qui tient toujours la main de Lulu chante, doublé par une clarinette, sur une variation mélodique de sa série.

Même dispositif <323-324> qu'en <306-307>. On remarquera que ces "éclatements" donnent lieu à  de nouveaux motifs mélodiques.

ALWA: Oh, cette main...

      325-329

<328> Lulu chante (avec innocence) sur la Série Génératrice (!)

<327-333>: Aux Bassons puis Trombones les accords du Tableau ♫ lorsqu'Alwa va appeller Lulu "Mignon".

Le climat émotionnel de ce passage  nous rappelle celui <189-191> du 1er Acte où le Peintre déclarait son amour en nommant Lulu Nelly, Eva.Il est logique donc, que nous retrouvions ls accords du Tableau aux Trb. <329-331>.

Il nous prépare, dans la description qu'Alwa fait du corps de Lulu, à celle plus précise encore, qui sera le sujet de l'Hymne à la fin du 2ème Acte.

LULU: Que me trouves-tu donc?

      330-337

les accords du Tableau se précipitent maintenant, en plus, au Quatuor.

Et c'est la fin de la première partie du Rondo sur une sorte d'accord suspendu (point d'orgue);

La déclaration , aboutissement de tout le Rondo, à laquelle Lulu répond (comme dans le Duo  ) qu'elle ne sait pas... et se croit obligée d'ajouter un commentaire !

ALWA: Mignon, je t'aime

LULU (parlé): J'ai empoisonné ta mère.

16     P  

Schön, qui du haut de la galerie continue à observer la scène, pointe son revolver sur Rodrigo qui court se cacher,

puis descend l'escalier et parle à Alwa d'une révolution qui aurait éclaté à Paris (!)

(N'oublions pas que Schön est un magnat de la presse)

Ils sortent.

TUMULTUOSO  
      338-379

C'est bien d'un tumulte sur scène dont il s'agit. Jeu de cache-cache avec l'Athlète,signalé par ses klusters; présence insistante des quartes et sixtes mineures-majeures aux cuivres (conflit Schön-Alwa).

      338-351

Nouvelle déclinaison du Thème de Schön dont les trois premiers sons ne sont autres que la sixte et quarte majeure (<338-340>) aux Vcl et C.Basse. Il s'ensuivra une série d'entrées au Quatuor <344-349> toujours ponctuées par les doubles sixtes et quartes, tandis que Schön abaisse le révolver qui visait l'Athlète ↗ et descend de son poste d'observation ;il  prend Alwa par l'épaule, un journal à  la main.

Il est à remarquer que tous les jeux de scène sont "synchrones" avec des motifs musicaux (voir la partition)

SCHÖN: La révolution a éclaté à Paris

      352-361

Alwa , (comme dans un rêve) amorce son thème, ce qui déclenche un groupe-fusée sur les sept premiers sons de sa série ♫ aux 1.Vons col legno.

Reprise du dispositif Schön (344-349) toujours scandé par la double quarte et sixte <355-361>.

Les deux hommes sortent...

Alwa: A Paris, laisse-moi aller à Paris...

      362-379

... et l'Athlète veut s'enfuir.

Petit fragment parlé entre lui et Lulu entièrement construit sur le motif de Mort ♫ qui finit par se superposer à lui-même <373-376>. La séquence s'achève sur le rythme du destin ♫ (Tam-Tam et Vcl.)

      Q  

Schön rentre, revolver à la main, à la poursuite de Rodrigo.

INTRODUCTION  
  01:02   380-386

Ces quelques mesures sont l'introduction à l'AIR en cinq strophes (les cinq coups de feu qui tueront Schön bientôt !).

Nous y retrouvons le rythme du destin martelé aux Vents sur le motif de mort devenu accord.

Et aux cordes un autre aspect de la musique qui accompagnait la colère de Schön se sentant épié.

Même situation  même musique.

      R  

Schön se tourne vers Lulu et l'apostrophe

Elle devait être la joie de ses vieux jours; elle est maintenant son bourreau.

Toujours cynique, elle lui fait admirer sa nouvelle robe!

ARIA Strophe 1  
  01:12    

Le grand AIR (tel que dans l'opéra classique) de Schön qui va y déverser toute sa fureur; la partition n'indique-t-elle pas furioso...

Il sera interrompu, entre quatrième et cinquième strophe, par le Lied, autre grand Air, de Lulu

      387-394

Schön ↗ ouvre son Air par les quartes de l'Eros , reprises par la Harpe tandis que les 1.Vons martèlent une nouvelle version de son thème.

Ses insultes ne l'empêchent pas de chanter le Thème d'Amour <393-394> accompagné par le Cor...

SCHÖN: Toi, espèce de Créature...

SCHÖN: Fatalité inéluctable!

      394-400

...puis son thème [Schön ↗] droit et contr. (souvenons-nous de la symbolique du mvt. cont.!), puis seulement contraire <395-397>, toujours accompagné par le Cor.

Le Piano, discrètement, nous rappelle le Thème de la Gavotte (affrontement de la Sonate) et un petit canon (Bois et Cor) sur le Thème de Lulu précède son chant <397-400>, cynique comme toujours!

 

LULU: Comment trouves-tu ma nouvelle robe?

      S  

Schön, de plus en plus furieux, lui met le revolver dans la main et l'incite

à s'en servir contre elle-même.

ARIA Strophe 2  
      401-420
  01:31   401-406

Schön prévoit que la prochaine victime sera Alwa et il le chante sur la série d'Alwa ♫. Commentaire à  l'orchestre sur les premiers sons, de plus en plus élargis.

Schön: Et mon fils baignera dans son propre sang

      407-415

Le geste de Schön qui tend un revolver à Lulu déclenche le retour du motif Mort .

<410-412>: un dispositif de quartes superposées qui annonce la proche entrée de la comtesse (606 et suiv.) et

et <412> la Série Génératrice superposée à elle-même (dispositif du Peintre) quand Lulu joue avec le révolver

SCHÖN: Je dois me sauver...

      416-420

Elle en joue tellement qu'un coup part faisant fuir l'Athlète et ses klusters sous deux "avalanches" du motif Mort accordés sur les klusters. Il ne manquait plus que le Rythme du Destin que nous trouvons aux vents et percussions, également sur des simili-klusters.

Schön demande ce qui se passe sur les dix derniers sons du thème de Lulu; rien répond Lulu sur les neuf premiers. Cette inversion est bien la preuve du mensonge....

      T  

Toujours à la recherche de ses indésirables visiteurs, il découvre la

Comtesse Geschwitz, morte de peur, qu'il enferme dans une pièce.

ARIA Strophe 3  
  02:01   421-441

Cette strophe sera dominée par le Thème de Schön et le retour du "dispositif" de la Comtesse.

      422-426

Comme dans la 1ère Strophe le thème de ↗Schön droit se superpose au Mvt. Cont.(image de sa confusion mentale) et à son interrogation  , répond aux Clarin. et Cors le thème du Tableau ♫ ! Le fantôme du Peintre viendrait-il habiter son délire?

SCHÖN: As-tu caché d'autres hommes?

Schön: y a-t-il encore un homme ici?

      427-441

Musicalement consacré au Dispositif de la Comtesse ♫ (découverte par Schön qui l'enferme  dans une pièce voisine) toujours sur le socle des quintes.

      U  

Courte lutte autour du revolver;

Schön poursuit ses accusations.

Lulu suggère le divorce. Refusé: on ne divorce pas quand on est lié l'un à l'autre.

ARIA Strophe 4  
  02:30   442-490

Trois parties dans cette strophe: a/ la fureur croissante de Schön envisageant même que son valet le fasse cocu b/ alors, divorcer? c/ seule solution: le révolver;

      442-455

D'abord, la série "disloquée" (la colère) de Schön distribuée entre cordes, cuivres et voix; facilement reconnaissable par les accents (>).

Puis <448> Cinq groupes d'accords répétés aux cors quand Schön évoque la possibilité d'être fait cocu par le Valet de Chambre!

Cela nous évoque le Choral du Prince  (qui voulait lui enlever à l'époque: -prince = valet de chambre- ) .

Dans le même temps Schön et Alto sont sur la série d'Alwa en canon à l'unisson mais décalé rythmiquement (cela se comprend!)

      456-472
456-459
Et voilà que Lulu propose le divorce sur sa série amputée de son début et que Schön finira <458-459>. Le divorce est aussi musical.
      460-472

Schön n'en veut pas et le chante sur la série d'Alwa ↗ pendant que réapparaît le motif de la Canzonetta au piano (Acte1 Scène1) lorsque Lulu dansait autour du cadavre  de son premer mari. Sinistre présage!

SCHÖN: Pour que demain un autre....

      472-490

Sur le Thème ♫ d'amour Schön explique pourquoi il ne veut pas divorcer.

Thème repris par les 1.Vons.

Puis , par Schön, Cor et Sax.<483> ce motif qui terminait l'Arioso de la 1ère Scène du 1er Acte lorsque le Peintre  chantait "Pour elle, uniquement pour elle" ( Mes.348). Déjà motif du Désir ♫.

Un déluge de quartes justes termine la séquence

SCHÖN: Est-ce que des êtres qui ont vécu intimement mêlés peuvent se séparer de la motié d'eux-mêmes?

SCHÖN: Tu vois ton lit couvert de cadavres?

17     V  

Maintenant: une longue et passionnée profération de Lulu.

Elle sait que des hommes sont morts à cause d'elle.

Elle sait pourquoi ils se sont mariés.

Elle sait qu'il a sacrifié sa vieillesse mais elle, sa jeunesse.

Elle sait que le monde la prend pour ce qu'elle est.

(voir le texte complet de ce lied dans PROCES)

 

LIED de LULU  
      491-538

Il faut croire que Berg était particulièrement attaché à ce Lied puisqu'il le dédia à Webern pour son cinquantième anniversaire.

Le sommet de cette scène. Une extraodinaire revendication de Lulu d'être elle-même. (Je suggère au lecteur de se reporter au texte intégral -Trad. Isabelle et Hans Hildenbrend- dans Récit.

 

Un grand Air dans la plus pure tradition classique, y compris dans l'emploi des vocalises de virtuosité. Et puis, le premier moment où la Série Génératrice est exposée clairement, explicitement par la voix de Lulu et dans ses deux formes, droite et contraire. Ce qui a fait dire à  certains que c'était le Thème de Lulu.

Toute la séquence est bâtie sur cette série.

On trouvera dans la 1ère scène du 3ème Acte le symétrique de cet Air dans la réponse que fait Lulu au Marquis qui veut l'envoyer dans un bordel en Egypte.

 

L'ensemble utilise principalement l'effet de miroir (cher au compositeur) et le Mvt. Cont. opposé au Mvt. Droit pour souligner l'aspect bi-latéral du discours. Il peut peut se décomposer en sept  sections.

      491-497

Trois accords descendants par les quatre cors, avant que  débute l'air? Ils nous reportent (mais alors ascendants) à  l'attaque de l'épisode où le Peintre va tomber amoureux de Lulu  .

Dans les deux cas c'est aussi la distribution en trois accords de la Série Généatrice (ici par Mvt. Cont.)

Et que chante -t-elle sur la Série Génératrice ?

 

Et tout de suite <492> au Vcl, et Clar.B., la même par mvt cont. suivie à la voix <495> du mvt contr. commençé par le 7ème son.

Le mot "Valeur"  souligné par l'Eros aux Pno et Cordes.<496>.

Lulu: Que des hommes se soient tués pour moi ne diminue pas ma valeur ..

      498-502

Thème de Lulu au Sax. La voix commence par le Mvt. cont. de la Série Génératrice, terminé par le cor.

Lulu: Tu savais très bien pourquoi tu me prenais pour femme.

      503-507

Et, symétriquement, la voix reprend par mvt cont. cette fois le texte précédent. Logique musicale de la phrase que l'on trouve également dans le discours instrumental.

Lulu: de meême que moi je savais pourquoi je te prenais pour mari

      508-515

Colère du personnage, sommet de la virtuosité vocale de la cantatrice, soutenu par un orchestre dont les harmonies nous rappellent singulièrement le Duo avec le Peintre acte1 sc1 Mes. 309.

      516-521

 A la voix: Th. de Lulu par Mvt. cont . puis <519> par Mvt. droit .

Toujours un dispositif musical rhétorisant le texte...

Lulu: Si tu m'as sacrifié le soir de ta vie,

Lulu: je t'ai sacrifié ma jeunesse

      522-528

La voix enchaîne les deux formes, droite et contraire suivies de l'Eros; Eros soutenu par des accords de quatre sons très proches de ceux  du Peintre , et aboutissant à la note la plus haute (Ré 4).

Lulu: Je n'ai jamais voulu paraître au monde autre chose que ce pourquoi on m'a prise

Lulu: Je n'ai jamais voulu PARAÎTRE AU MONDE

      529-538

De nouveau le mvt. cont. associé à la phrase. suivi du mvt droit <531>, repris par le Sax.<532>.

La profération de Lulu s'achève sur l'Eros par Mvt. descendant et son Thème par Mvt. cont. aux Bois.

<536-537> Et voila qu'Alwa pointe son nez (musicalement) par une distribution sophistiquée des huit premiers sons de sa série entre Vons, Harpe et Sax, lequel énonce les quatre sons du fragment que nous nommons "Désir ♫".

Désir d'Alwa, qui traverse l'esprit de Schön et va motiver la violence de sa strophe suivante.

Lulu: Et le monde ne m'a jamais prise pour autre chose...

Lulu: ... ce que je suis.

      W  

La tension monte de plus en plus.

Lulu est à terre. Schön tourne sa main qui tient le revolver, vers elle-même.

ARIA Strophe 5  
  02:33   539-552

La violence de Schön s'exprime maintenant physiquement

      539-552

C'est d'abord un canon entre cordes et vents mêlant mvt. droit et contr. de la série de Schön dont la fureur se poursuit sur le Thème de Lulu <544> qui s'achève au Vcl.

Le Rythme du destin par des superpositions de quartes aux cordes (son destin est bien là, tout de suite), et c'est le Lycéen ♫ (surgi d'on ne sait où) <551-552> aux Bois, qui va déclencher le drame.

SCHÖN: Meurtière... à genoux

      X  

Le Lycéen sort de sa cachette.

Schön se tourne vers lui, de dos à Lulu qui l'abat de cinq coups de feu.

Il appelle Alwa à son secours, qui ne doit pas laisser la meurtrière s'enfuir.

MORT de SCHÖN  
  02:55   553-604

Le motif de Mort ♫, le Rythme du Destin et le Thème d'Alwa seront les éléments principaux de cette séquence qui, après la détonation du début va se calmer peu à peu suivant ainsi l'agonie de Schön.

      553-557

Cinq coups de feu tirés par Lulu sur Schön qui s'écroule; les cinq syllabes du Dompteur

Soulignés par le Pno et l'accentuation appliquée aux groupes mélodiques des Vons, de plus en plus grands.

Le Rythme du Destin se poursuivra jusqu'à la mesure 564. Le motif de Mort <556-557> accompagnera l'écroulement de Schön dans les bras du Lycéen .

SCHÖN: Encore un...

      558-563

Schön, hoquetant, sur sa série note par note, et dont les six derniers sons sont repris en canon par Lulu "Miséricorde"  et le Lycéen "Mon Dieu!"

      564-576

Il appelle Alwa don le début du Thème est repris par les Clarin. <566> tandis que Lulu chante la série de Schön.

Puis, de nouveau Mes 568 ce qui engendre un contrepoint entre série Schön   (2.Vons), série Alwa variée (1.Vons) et les premiers sons de la Série Génératrice. Les trois voix sont à trois vitesses différentes (bien lisibles puisque à valeur unique -croche, croche triolet, double-croche- ) et tout ce passage montre l'intrication mentale des personnages.

Troisième appel <570> avec le même dispositif qui se poursuivra jusque <576>.

Lulu: Le seul que j'ai jamais aimé...

Schön: Alwa!

      577-586

C'est maintenant Alwa qui apostrophe son Père sur les trois premiers sons de sa série tandis que Lulu reprend la Série Génératrice que terminera le Lycéen . Ce dialogue (passion de l'adolescent s'accusant du meurtre) se poursuivra jusque Mes 584.

Mais avant <581-583> Schön s'adresse à Alwa  aux sons d'une musique  que nous reconnaissons  ; il s'agit bien de mariage!

Schön (à Alwa): C'est toi... J'ai échoué...

le Lycéen: Elle est innocente

      587-604

Presque entiérement construite sur le Th. de Schön en valeurs longues dans une allure de marche funèbr puis au Pno et Quatuor.

Puis Schön sur l'Eros descendant <595-597> et la Série génératrice <599>, seule cette fois,distribuée entre Harpe, cordes et bois. Elle reste seule (celle de Schön est morte!) entre Bois et Pno <603-604>.

On peut méditer sur l'importance donnée, à ce moment, à cette série, noyau de toute l'oeuvre.

Schön: Tu seras le suivant

      Y  

C'est alors que La Comtesse Geschwitz, sortant de la pièce où elle était enfermée,

provoque les dernières paroles de Schön: "Le Diable".

Lulu, qui s'était approché du cadavre pour lui caresser le front se redresse et prend la fuite.

Alwa lui barre le passage.

GRAVE  
  04:11   605-619
      605-607

Du dispositif Comtesse ne subsiste que la Quinte de base; le fragment mélodique est remplaçé par le motif de Mort. Et quand Schön s'exprime pour la dernière fois: " Le Diable" , un éventail de quintes se referme brusquement; il est mort.

      608-619

Et quelle plus belle oraison funèbre que le premier fragment du Th. d'Amour (à la flûte <608>, repris aussitôt par Lulu <609>.

Que pense-t-elle vraiment à ce moment, alors que le Sax <610> nous ramène à la canzonetta  , suite à la mort  de son premier mari? D'autant qu'au même instant l'Alto solo "colle" aux trois premiers sons du Th. de Schön, les six premiers de celui d'Alwa!

Elle décide de s'enfuir - sur son Thème aux Bons. <613-615> - mais Alwa l'arrête (comble d'ironie) sur le 2ème terme de la Canzonetta, celui qui accompagnait ses entrechats autour du cadavre de son mari, dont on retrouve les tierces  aux flutes <616>!

Le Lycéen s'obstine (Vons et Bois <616-618>; quarte et sixte mineure d'Alwa au Pno.; premier signal-sonnerie au Vibra.

Lulu: Il a cessé de vivre.

le Lycéen: Elle est innocente

      Z  

Longue supplique de Lulu. Elle ne veut pas être livrée à la Police.

Elle jure fidèlité à Alwa dont elle embrasse les genoux.

Mais la Police arrive et l'emmène.

Le dernier mot reste au Lycéen qui craint d'être renvoyé de l'école !

ARIETTA  
  05:19   620-655

Cette arietta de Lulu nous évoque, sur le plan expressif, son grand air <491> mais ici, c'est le Th. d'Alwa qu'elle chante; son ultime supplique sera sur l'Eros descendant de plus en plus élargi.

      620-636

Lulu supplie une première fois, sur le Th. d'Alwa. Les Cors <622> commentent par la Série Génératrice en trois accords ♫ de quatre sons

2ème supplique <625-627> toujours sur le Th. d'Alwa

Le Th. de l'Eros circule un peu partout puis celui de Lulu <634-635>

Lulu: Tu ne peux pas me livrer au tribunal

Lulu: Je ne mérite pas ça.

Lulu: Je suis encore jeune

Lulu: Demandez-moi ce que vos voules

      637-655

Alors commence l'ultime appel de Lulu sur l'Eros descendant, toujours plus haut et toujours plus large jusqu'au Do#. La voix s'éeindra sur une sixte mineure descendante, mvt cont. des deux premiers sons de la série d'Alwa.

<637-644> : canons de 7ème diminuée (sensualité de Lulu)

Le Vba réitère  sa quarte-signal sur le rythme du Destin réparti ensuite entre deux percussions.

La Police entre pour s'emparer de Lulu et les derniers mots restent au Lycéen sur les klusters de l'athlète!!!

Le rideau se ferme sur une combinaison (obstinato) à deux vitesses (croche de triolet et double croche) du motif de la mort et de l'Eros descendant.

Lulu à Alwa: Regarde-moi tout de même..

Le Lycéen: On va me renvoyer de l'Ecole