LULU, Opéra d'Alban Berg -- Acte 2, Scène 2 : Analyse



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  Chap.  

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Piste

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Time

SEQ.


ss/séq.

  Mes. Séquence  

 
 

 

 
 

19 7   A  

Décor de la scène précédente. Mais la pièce est poussiéreuse, semble inhabitée.

 

Alwa, Geschwitz et l'Athlète devenu valet de chambre d'Alwa et qui s'estime fiancé de Lulu. On attend Schigolch parti s'occuper de passeports et de billets de chemin de fer en vue d'un départ pour Paris. L'athlète organise un spectacle pour Lulu dont on attend la sortie de prison grâce au plan d'évasion qui aurait réussi. Alwa n'y croit pas mais propose de rembourser Geschwitz de ses frais.

RECITATIF  
      722-787

Le matériel utilisé dans cette section empruntera principalement les "dispositifs" Geschwitz et "Athlète" dont on verra la relation ♫ structurelle.

Puis celui du Lycéen et de Schigolch vers la fin de la séquence.

La forme en est très libre, justement appelée "récitative"; la voix, parfois en sprechstimme et déclamation rythmique.

      722-730

Après que le Rideau se soit levé lentement (en trois mesures <719-721> précise Berg) c'est l'Athlète qui commence, annnoncé par ses klusters, et dont la voix déplie le kluster "touches noires". Geschwitz lui répond de la même manière, mais soutenue par sa quinte identitaire.

Sur sa série <727> l'Athlète s'interroge tandis que les cors nous rappellent la duplicité de Lulu, déjà dans la scène avec le Peintre au 1er Acte  (Mes. 309)

L'ATHLETE: Je n'arrive vraiment pas à imaginer qu'elle ait pu encore changer à son avantage dans cette histoire

      732-735

Et sous la voix de Geschwitz , qui se souvient de son regard porté sur le tableau de Lulu au début de l'Acte <22>, la musique  nous révèle cette mémoire.

Geschwitz: Elle est plus belle à voir que je ne l'ai jamais connue

      736-750

Après que l'Athlète se soit exprimé à  nouveau avec ses klusters sous les formes mélodiques ou harmoniques: les mouvements de quintes contrariées de Geshwitz lors de son entrée devant Schön agonisant, dans la 1ère scène. (Mes. 607  ). On comprend pourquoi .

Le rythme du destin, qui suit nous le confirme.

Geschwitz: Ce qui nous envoie dans l'autre monde lui redonne force et sanré

      751-765

Le motif ♫ de Schigolch organise toute cette section.

Mais aussi aux flûtes <752> et <756> une prémonition de la plainte du Lycéen quand on lui fera croire à la mort de Lulu.

Et puis, en filigrane, dernière croche de <764> et premier temps de <765>, sur les mêmes notes, un écho de la mesure 56 du Prologue (animalité de Lulu). L'Athlete entrepreneur de spectacle, comme le Dompteur dans le Prologue!

L'ATHLETE: D'abord, le vieux voyage avec elle...

      766-773

De nouveau L'Athlète et ses klusters alors qu'il chante sur la gamme de Do majeur(!).

Cordes et Cuivres <768-773> développent un intéressant contrepoint sur les chromatismes renversés de Schigolch (que l'on attend toujours).

      774-787

Les quintes de Geshwitz sont maintenant ponctuations de son chant tandis qu'Alwa sort de sa rêverie, soutenu par son thème au ler Von ↗ solo.

Puis elles accompagnent l'admiration d'Alwa pour Geshwitz.

C'est "parlé" ( un point d'orgue sur une quinte tenue par les Bassons) qu'il lui propose de l'argent.

On entend des bruits de pas. C'est Schigolch qui arrive.

Le soulagement de Geshwitz se voit dans l'élimination progressive de son motif aux Cordes.

Alwa: ... votre sacrifice, votre énergie, votre mépris suhumain de la mort...

Geshwitz: Le voilà enfin

      B  

Shigolsch revient après avoir fait différentes démarches préparant au départ de Lulu pour Paris.

Alwa, après avoir exprimé  son admiration à Geschwitz lui propose de l'argent qu'elle refuse

LARGO  
  03:12   788-825

Cette deuxième séquence reprend textuellement  (dans ses 26 premières mesures) la musique des Mes. 94-120: l'arrivée de la "bande" dans la première scène de l'Acte; les retrouvailles joyeuses dans la maison de Schön, avant le drame qui devait s'ensuivre.

Mais ici, le ralentissement du tempo (de moitié) donne à la même musique un caractère délabré et sordide; les permutations dans le rapport Chant-Orchestre accentuent la différence de "climat".

      788-814

Vérifier la correspondance avec les mesures 94-120 de la 1ère scène.

      815-825

Après lui avoir proposé de l'argent, qu'elle refuse, Alwa ♫ partage sa série avec Geschwitz.

Par glissement chromatique contraire <818> les quintes se transforment en quartes et se déploient en éventail tandis qu'un Cor reprend le chromatisme retourné de Schigolch <820>.Les klusters de l'Athlète <825> amorcent la discussion avec Alwa qui va suivre.

20 8   C  

Schigolch et Geschwitz sortent pour aller à l'hopital chercher Lulu.

Alwa et l'Athlète parlent finance puis s'insultent.

On frappe à la porte. Sans doute est-ce Lulu, que l'Athlète appelle sa "fiancée" et avec qui il compte bien monter son spectacle. (Peut-être bien celui-là même auquel nous assitons et que le Dompteur annonçait au Prologue???)

SCENE PARLEE  
      826-833

Un véritable récitatif parlé avec ses accords de ponctuation.

      826 (4)

L'Athlète reprend, pour un instant, le chant dans une montée chromatique liée à son texte .

L'ATHLETE: maintenant je me charge de faire d'elle la plus gracieuse acrobate de l'époque.

      827-833

Sur le seul kluster touches blanches, l'alternance des interventions vocales (sprechstimme) d'Alwa et de l'Athlète va transformer ♫ progressivement les six premiers sons de la série d'Alwa <830> en motif de mort ♫.

      D  

Non ce n'est que le Lycéen dont ce sera la plus importante et ultime apparition.

Il a son propre plan pour sauver Lulu mais l'Athlète lui dit qu'elle est morte.

D'abord il ne le croit pas, puis finit par être convaincu par l'Athlète qui ne cesse de l'agresser.

Sa vie ne vaut donc plus rien.

Il est mis dehors par l'Athlète.

On entend de nouveau des pas. Ce sera cette fois...

KAMMERMUSIK  
      834-952

C'est la grande période du Lycéen, corollaire de son intervention amoureuse dans la 1ère scène. On vérifie là la symétrie qui relie les deux scènes. La couleur instrumentale très différente (tous les instruments sont solistes) ménagera l'effet du grand orchestre pour l'arrivéee Lulu dans la séquence suivante.

      834-857

Entièrement construite sur la série du Lycéen ♫ exprimée linéairement ou harmoniquement , contractée  ou dilatée..

      834-846

Après le motif de Mort aux Flûtes, un dernier kluster (l'Athlète est sorti) et tout de suite le thème du Lycéen distribué entre Htb., Cor Angl. et Bon. puis au 2d. Von <837-841> et à la Trp. soutenant la voix du Lycéen .

Les Trp. qui se partagent <845-846> une variation mélodique du Th.

Le Lycéen: je me suis évadé de la maison de correction

      847-856

Alwa commence sa série ↗, que termineront les cordes

<848>: Assez ironiquement, les cors déplient en escalier, le dernier terme du Thème Lycéen (on se souvient que le mvt contr. est lié à la négation)

Il insiste, toujours sur son thème ici en valeurs longues <850-855> tandis que les cordes graves "ratiocinent" sur les sons 5, 6 et 7 de sa série.

ALWA (au Lycéen): Que voulez-vous de moi

le Lycéen: J'ai un plan...

      857-876

Harpe et Cordes évoquent la toute première apparition de Lulu amenée par le Dompteur dans le Prologue  . Ici, elle est absente, mais dans la pensée du Lycéen . Et lorsqu'il félicite Alwa <863> pour sa déposition au procès de Lulu, il emprunte sa série (la deuxième fois, soutenu par les Vons).

<871>: les Cors alternent les Sixtes et Quartes Majeures et mineures (Schön et Alwa).

Le Lycéen: (à Alwa) Cette femme ne peut pas vous être indifférente.

ALWA (au Lycéen): Vous avez été son meilleur témoin à décharge

      876-907
876-890

L'Athlète rentre sur le mvt contr. de sa sortie <833>; procédé de scénographie musicale très souvent utilisé par Berg. Il ironise sur sa série <878-879>. L'obstinato inauguré par les cors se poursuit aux Bois et Pno créant une agitation permanente. Motif de mort et Rythme du destin (Htb. et Cor Angl.)<885> puis Alwa poursuit, toujours sur sa série, et lorsque le Lycéen commence à comprendre qu'on se moque de lui: le Th. de Lulu (son unique pensée) par mvt contr. aux flûtes, précédé du Th. de l'Eros.

Le Lycéen: Quel idiot, je suis

      891-907

Petit calembour musical quand sous la voix de l'Athlète le Trb. nous donne la Série Génératrice (défective)!

<899-901>; duplication (1 1/2 ton plus haut) des mesures <899-890> et donc de la plainte du Lycéen .

Et <901-902>, la voix de l'Athlète nous renvoie à la fin du Canon de la 1ère scène de l'Acte lorsque Lulu disait qu'elle était l'enfant du miracle.

L'Athlète (au Lycéen):: Vous nous avez manqué.

Le Lycéen: Quel idiot je suis

L'Athlète (au Lycéen):... la femme est morte depuis trois semaines

      908-922

De nouveau, retour à la musique du Canon (Mes- 173-194  ). On parlait alors de son identité, ici c'est le mystère ou du moins la question sur sa mort, annonçée au Lycéen par l'Athlète . qui lui lit la (fausse) nouvelle.

Comme dans le Canon toute cette section exploite la Série Génératrice.

<919> Au 1.Von solo le Th. de Lulu par Mvt. Cont. (le Lycéen semble convaincu de la mort de Lulu). Il pose son regard sur le Tableau retourné (aux Trb. le Th. Tableau <920>) comme, à la fin du Canon, Lulu regardait son tableau.

C'est dire la relation forte qui unit ces deux moments .

L'Athlète (au Lycéen): ...Elle repose depuis trois semaines au cimetière...

      923-936

Figures de son désespoir, les éléments du Th. du Lycéen, souvent variés, circulent tant à l'orchestre que dans la voix.

Aux sons de ses klusters, l'Athlète le met dehors; et sur ses derniers mots , les trois cors en canon <933-935> proclament le Th. de l'Eros par Mvt. Cont. !

Le Lycéen: Quel idiot, je suis!

      936-952

Lorsque l'Athlète répète "Dehors", Vons, Alt. et Fl. nous rappellent le début du Th. de "l'apparition ♫ de Lulu". Serait-elle sur le chemin?

Les motifs du Lycéen s'éliminent peu  peu au profit des chromatismes de Schigolch tandis que les 7èmes diminuées -sensualité de Lulu- (on entend des pas traînants) nous annoncent...

21 9   E  

... Lulu,  dans la robe de Geschwitz, appuyée au bras de Schigolch, mais dans un état (simulé, nous le verrons dans quelques instants) qui déclenche la colère de l'Athlète et anéantit ses projets de spectacle. Il sort et dénoncera, prétend-il, tout le monde à la Police.

Schigolch sort également, pour s'occuper du voyage de Lulu.

Lulu et Alwa restent seuls.

MELODRAM  
      953-1000
953-984

Formidable contraste entre les huit accords tenus au Quatuor, soutenant des interventions mélodiques aux Vents. Contraste entre la douceur de cet ensemble et les voix (sprechstimme) d'hommes en colère. Le résultat sonore est d'une grande émotion; accentuée encore par les phrases que se distribuent les Vents dans un obstinato de noires (figurant la marche hésitante de Lulu ?)

dont la Fl. -première à intervenir <961> - nous donne son Thème.

Ce passage c'est la pensée de Lulu à cet instant, et dont le thème (très dilaté) se fait entendre au 2. Von. <981-984>.

Lulu: Doucement, je ne peux pas si vite..

      985-1000

Et voilà maintenant que Schigolch (dans une phrase que l'on peut entendre à double sens) déclenche l'"animalité de Lulu" entendue la première fois dans le Prologue  .

La Lulu (faussement souffreteuse) redevient l"animal" décrit par le Dompteur sur cette musique ♫

SCHIGOLCH (à Lulu): Je viens te prendre dans une demi-heure.

      F  

C'est la reprise du discours amoureux d'Alwa, commençé dans la première scène.

Lulu s'étonne de voir son tableau retourné. Alwa lui demande comment s'est passé son évasion.

" Geschwitz a contracté le choléra, s'est introduite dans l'infirmerie de la prison, a échangé ses vêtements avec les miens et a pris ma place. Je suis donc ressortie "déguisée" en Geschwitz! C'est donc elle qui est maintenant la meutrière du Dr Schön!".

(Pour les détails de cette rocambolesque aventure, consultez le livret...)

RONDO II  
      1001-1021
1001-1009

C'est la suite et fin du Rondo d'Alwa, interrompu par Schön dans la première scène. (encore du temps différé!)

Tout d'abord, le cri de Lulu sur sa liberté retrouvée; le même SI de sa mort au 3ème Acte tandis que l'orchestre la soutient sur le motif ♫ "Apparition de Lulu". <1001-1003>.

Et ce sont les retrouvailles. Musicalement aussi, puisque les Mes <1004-1009> reprennent sans changement, le texte orchestral des Mes. <275-280> de la 1ère scène. C'était l'émoi grandissant d'Alwa.

      1010-1014

Et de nouveau l'Apparition de Lulu , qui chante son Thème par Mvt Cont. repris par le sax. en valeurs courtes <1011>.

Les Cordes Pizz. reprennent le motif de l'Eros

Lulu: Ca me rappelle le temps passé

      1015-1021

Rythme du destin par Vibra et Trb. sur la quarte et sixte de Schön(!). Aurait-il furtivement traversé l'esprit de Lulu, alors qu'elle s'étonne de ne pas voir son tableau. Le reste de la séquence est totalement investi par le Thème du Tableau ♫ et se termine sur la quinte de Geschwitz .

Suit un dialogue parlé expliquant le mécanisme de l'évasion de Lulu.

Lulu: En ce moment, c'st ce pauvre monstre qui est en prison à ma place.

      G  

Alwa remet le tableau en place; le compare avec le visage de Lulu.

Et c'est Lulu qui l'entraîne sur le divan (celui où est mort Schön).

Ils échangent leur premier baiser.

Elle lui demande (lui ordonne!) de venir avec elle à Paris.

A TEMPO  
      1021-1096
      1021-1029

Le Tableau est de nouveau visible et son Thème (Droit et Contr.)  va circuler de façon continue aux Vents accompagné par une descente chromatique de 7èmes majeures suivie <1026> d'une réponse acsendante. (effet miroir). A l'observation d'Alwa , la réponse de Lulu . Les deux voix doublent la partie supérieure du Thème.

Alwa: Tu peux toujours te mesurer avec ton portrait.

Lulu: Tout de même j'ai maigri de visage.

      1030-1037

Echo lointain de "Apparition de Lulu" aux Cordes.

Echo aussi de "Animalité de Lulu" <1036> mais qui, ici, trouve  sa résolution en une cadence sur Fa#.

Alwa: Tu avais l'air si misérable quand tu es entrée

Lulu: Embrasse-moi

      1037-1043

Le Rondo II commence à prendre forme ici (refrain) avec le chant d'Alwa par une version ornementée de son Thème ↗ ainsi qu'Alto solo <1041>.

      1044-1054

Tandis qu'ils s'embrassent passionnément la Flûte <1044> nous propose une approche discrète d'un motif que nous allons rencontrer (aussi discrètement et par mvt. cont.) à la mesure 1055. Toute cette section est basée sur le Thème de Lulu.

      1055-1058

Justement (aux cordes Piz. et Sax. puis repris par Alt. et Vcl <1056-1057>), dans ce moment de grande passion, Berg nous rappelle la question que pose Lulu à la fin du 1er Rondo  (Scène 1).

Le piano "martelle) le Th. de l'Eros

Lulu: M'aimes-tu donc?

      1059-1074

Refrain du Rondo essentiellement bâti sur la série d'Alwa.

Les six premiers sons de la série d'Alwa aux Cors et 2 Von. doublent la voix d'Alwa , tandis que Lulu se plaint des chaussures qui lui font mal aux pieds!!

<1064> le Tableau, à la Harpe, souligne l'émoi d'Alwa devant la beauté de Lulu.

<1065> Le Rythme du destin à la Gr;Caisse puis au Pno.

Et lorsque nous entendons le motif que nous avons appelé "Désir" aux 1ers Vons, nous remarquons que ce  fragment  <1059-1066> duplique le début du Refrain  , dans la scène1. C'était le début de la passion amoureuse d'Alwa.

<1069-1072> Alwa réclame (sur son thème), par deux fois, un baiser. Impatience soulignée par une accélération aux 1.Vons. Sax et Clarin.

Puis <1073-1074>, un obstinato comme chaque fois qu'il y a attente ou impatience.

Alwa: Je vais écrire un Hymne à ta splendeur

Lulu: J'ai tué ton père

      1075-1086

Introduisant une nouvelle variation sur le thème ♫ d'Alwa . le motif déjà entendu <1044> et <1055> à la Flûte et dont nous avons indiqué la référence, toujours liée au doute, au questionnement.

L'animalité de Lulu est brièvement évoquée <1081-1083> par Alwa, comme le Dompteur  dans sa description. (Prologue <55-60>).

La profération d'Alwa se terminera par les quartes de l'Eros qui se précipiteront ensuite par l'orchestre.

Alwa: S'il n'y avait pas tes grands yeux d'enfant, je te prendrai pour la putain qui ait jamais ruiné un homme

      1087-1096

"Tempo grazioso". Le tempo (à peu de chose près) du 2d thème de la sonate (la dictée  à Schön). Ici, encore, c'est Lulu qui ordonne.

Et l'on retrouve (entre les deux voix) le même phénomène d'écho que dans la dictée .

Lulu: Passe la frontière avec moi...

      H  

Le délire d'Alwa atteint un paroxysme.

Il compare différentes parties du corps de Lulu à une musique dont il énumère les Tempi: "Grazioso", "Cantabile", Misterioso", "Andante".

Puis, plus particulièrement, ses jambes, dans une description singulièrement érotique.

Lulu, apparemment peu sensible à ce discours, veut surtout savoir si Alwa l'accompagnera dans sa fuite, et lui fait remarquer (avec le cynisme qu'on lui connaît) qu'il est sur le divan sur lequel son père est mort!

RONDO II  
      1097-1150

L'HYMNE.

Alwa, fou d'amour et de désir, délire sur le corps de Lulu dans lequel il s'enfouit.

Outre que c'est la fin du Rondo, c'est aussi le grand Air d'Alwa, comme nous avons connu le grand air de Lulu (Lied).

Rappelons que le Rondo débutait par ses paroles d'Alwa: "Ta couturière te connait visiblement mieux qu'il ne m'est permis de le faire". Et bien justement maintenant, il va connaître le corps de Lulu.

      1097-1101

De plus en plus exalté, il fait de ce corps, une musique..

Sa série ♫ s'en trouve éclatée en quatre groupes, claudiquant aux cordes, tandis qu'il chante (en s'y reprenant à deux fois) sur une Série Génératrice amputée de ses deux premiers sons. ( La voix atteint le La bémol aigu).

Peut-être cette musique <1111> se souvient-elle de la fin du 2ème mvt. de la suite lyrique (cf. Proçès)

Alwa: Au travers de cette robe, je perçois tes formes comme une musique.

      1102-1106

Et lorsqu'il commence sa description, sa série se trouve "gélifiée" en quatre accords ♫. (Vons et Altis).

Puis <1105> au Quatuor, de nouveau en quatre groupes de trois sons.

(la voix atteint le Si bémol aigu).

Le "cantabile" reprend la descente en Piz. de <1101>

      1107-1111

Reprise du fragment précédent un ton au-dessus (après les chevilles, les genoux), et suivant le Do aigu souligné par un point d'orgue , la série de plus en plus déchiquetée aux cordes graves.

Reprise aussi de la descente des accords en Piz, doublés comme les précédents par Po, Hpe et Vibra.

Alwa: ...le puissant Andante de la volupté.

      1112-1136

L'Andante de la volupté  débute par le thème de Lulu ♫ en canon par Sax., Hpe, Po et Clar.

Puis <1114-1115> à la voix et  Von-Vcl solo réapparaît la partie supérieure des quatres accords (1101-1102), accompagnée par un balancement doux en triolets au reste de l'orchestre.

Et, à part le début du thème de Lulu <1117 et 1124-1125> les allusions thématiquens se raréfient comme si le délire d'Alwa nous ouvrait les portes d'un autre monde (celui de la volupté).

Aux Vons et Chant <1119>, le motif qui, de nouveau, nous rappele l'interrogation de Lulu à la fin du Rondo I (Acte 2 Scène 1 Mes. 333).

Au point le plus ultime, le plus secret de son exploration du corps de Lulu, on retrouve le motif du Désir ♫ aux Cors et Vcl <1127> immédiatement suivi par le jaillissement du grave à l'aigu, à la Harpe, de l'accord de 7ème diminuée (Sensualité de Lulu).

Alwa conclut sur un Si bémol aigu, après avoir amorçé  un motif tiré des deux premières notes de son thème, que l'orchestre va reprendre: Fl. et Vons <1132-1135>.

Cascades de 7èmes diminuées à la Harpe pour introduire la question de Lulu , plus préoccupée de son propre sort, semble-t-il, que séduite par l'Hymne d'Alwa!

Lulu: M'aimes-tu donc?

Alwa: Alors les rivales se séparent comme deux pôles.

Alwa: Je chanterai tes louanges jusqu'à ce que tu en perdes la tête...

Lulu: Alors, tu viens avec moi, ce soir?

      1136-1150

Elle  chante maintenant d'une manière assez guillerette (quasi grazioso) qui évoque l'atmosphère musicale de la dictée à Schön qui terminait le 1er Acte. Ici aussi, c'est elle qui commande!

La tension dramatique (et harmonique) est à son comble et les  paroles d'Alwa s'achèveront sur le Thème de l'Eros par mvt cont. tandis que les cors concluent sur le Thème de Lulu également par mvt. cont.

Et qu'est-ce qui lui a fait perdre la raison, l'origine de tout celà (dés le 1er Acte)? le Tableau que nous entendons "déplié" aux bassons <1140> puis aux Vcl et Altos.

Un obstinato (7ème diminuées)  aux piano et Clarin. soutient la dernière phrase (récitée) de Lulu .

Septièmes diminuées et motif de l'Eros aboutiront aux quatre accords ♫, sur le rythme du destin, pendant lesquels tombe le Rideau.

Alwa: Tu m'a fait perdre la raison.

Lulu: N'est-ce pas le divan sur lequel ton père perdait son sang?